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Un lieu dédié à Otto Freundlich

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Pour ne pas oublier que fuyant les persécutions nazies, c’est à Saint-Martin de Fenouilllet (commune où se situe Taïchac) que l’artiste d’avant-garde juif allemand et sa compagne Jeanne Kosnick-Kloss ont trouvé leur dernier refuge, avant d’y être dénoncés, arrêtés, et pour lui, déporté au camp polonais de Lublin-Maïdanek, où il périt en mars 1943.


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Pourquoi ?

Pour rendre hommage à l’artiste majeur (presque oublié) de l’Art Moderne, dont l’une des sculptures, (« L’Homme nouveau »), fut pourtant choisie par les nazis en 1937 comme symbolisant « L’art dégénéré », et comme telle, fit l’affiche de l’exposition itinérante du même nom.

Pour réaliser à Taïchac un des plus beaux projets d’Otto Freundlich et de Jeanne Kosnick-Kloss, qui les premiers dans l’Histoire eurent l’idée de créer des résidences d’artistes – en l’occurrence, en hommage à Vincent Van Gogh , à Auvers-sur-Oise.

Comment ?

-  En passant commande à un sculpteur majeur d’aujourd’hui, Denis Monfleur, d’une œuvre monumentale en hommage à Otto Freundlich, qui donne gravité et orientation au site de Taïchac réhabilité.

-  En réservant dans le projet architectural du château de Taïchac, des ouvertures où seront réalisées des vitraux selon les projets d’Otto Freundlich laissés sur le papier.

-  En inscrivant le C.A.M.I. comme une halte cruciale sur la « Route de la Paix & Route européenne de Sculptures », cet autre projet d’espoir d’Otto Freundlich laissé sous le boisseau.

L’Histoire

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Otto Freundlich & Jeanne Kosnick-Kloss à Saint-Martin de Fenouillet, 1943.

En 1942, par un aléa tragique de l’Histoire, l’Art Moderne devait clandestinement surgir dans le Fenouillèdes, ce terroir si reculé qu’il pouvait sembler figé hors de l’histoire contemporaine :

En effet dans sa fuite erratique devant les hordes nazies, ayant échoué de camp en camp aux confins de la Zone Libre, le peintre juif allemand Otto Freundlich, après Saint Paul de Fenouillet, trouva refuge cette année-là sous le toit de la famille Benassis à Saint Martin de Fenouillet.

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Dessin d’Otto Freundlich, réalisé à Saint-Martin de Fenouillet, 1942.

C’est là que dans l’anonymat et la clandestinité, aussi loin qu’il est possible en France de Paris, – vers où convergeaient alors les artistes du monde entier –, l’inventeur avec Kandinsky de l’abstraction, ce membre éminent du cénacle moderniste « Cercle et carré », l’auteur célèbre de Der neue Mensch [L’Homme moderne], sculpture qui fit l’affiche en 1937 dans l’Allemagne enténébrée de l’exposition itinérante « Entartete Kunst » [L’Art dégénéré], de mémoire, recopia partie de son œuvre détruite par les flammes des bûchers nationaux-socialistes, et poursuivit son œuvre théorique Ideen und Bilden [Idées et tableaux]. C’est à Saint-Martin aussi qu’Otto Freundlich put faire une maquette en carton du "Phare des Septs Arts", - bâtiment qui devait, à Auvers-sur-Oise, symboliser et se trouver au croisement des deux routes de la Paix et de la Fraternité, ponctuées de sculptures-montagnes -, juste avant sa disparition en 1943.

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Ainsi le premier homme, qui, avec sa femme Jeanne Kosnick-Kloss, eut l’idée de fonder à Auvers-sur-Oise, là où Van Gogh trouva asile avant la mort, des « résidences d’artistes » et un hôtel pour accueillir les visiteurs, - c’est-à-dire un lieu conçu par des artistes qui garantisse enfin aux créateurs présents et à venir l’assurance et la tranquillité minimales que leur création exige sans oublier les amateurs d’art -, « devait », à quelques pas de Taïchac, où à coup sûr ses promenades nombreuses ont dû le conduire, être dénoncé et arrêté le 23 février 1943 pour être envoyé au camp de Lublin-Maïdenek où il mourut à son arrivée, en mars 1943.

Aussi, est-il « apparu » d’évidence aux fondateurs du projet que le Centre Artistique Manuel Immoderne devait être dédié à la mémoire du grand artiste que fut Otto Freundlich et à sa femme Jeanne Kosnick-Kloss.

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